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LA PREMIERE GUERRE MONDIALE
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UN PEU D'HISTOIRE :

Cette page, afin d'alléger le site, sera régulièrement modifiée afin de vous proposer de nouveaux thèmes. Par exemple : "Vers la guerre", "Les batailles de la Marne", "Verdun", "Le chemin des Dames"...

LA GUERRE DES GAZ 

Toutes les époques ont vu se développer de nombreux moyens et techniques pour anéantir l’adversaire.

La convention de la Haye du 29 juillet 1899, semble réglementer certaines de ces cruautés, notamment l’emploi d’armes chimiques.  

Malgré cela, le 22 avril 1915, du côté de Bixschoote, les allemands déversent un nuage délètère sur les lignes alliées. La guerre des gaz est née. 

On distingue plusieurs catégories de gaz : 

1 – Les toxiques ou poisons : le cyanogène, l’oxyde de carbone…, l’un attaque le système nerveux, l’autre les globules rouges. Le résultat est soit la mort immédiate, soit aucun effet.  

2 – Les suffocants : le chlore, le phosgène… attaquent les voies respiratoires et peuvent entraîner la mort à plus ou moins brève échéance. 

3 – Les vésicants : l’ypérite attaque la peau et cause des brûlures, elle est aussi responsable de graves lésions sur les muqueuses, et provoque la mort. 

4 – Les sternutatoires : l’arsine qui provoque des éternuements avec irritation de la gorge et des sinus est rarement mortelle. 

5 – Les lacrymogènes : le bromure de benzine agit sur la vision et provoque une grande gêne. 

Ces deux dernières catégories ne sont pas mortelles mais engendrent une mise hors service des combattants de façon momentanée. 

A – Les fugaces : 

Ils regroupent le chlore, le phosgène et le cyanogène. L’intérêt de ce type de gaz réside dans le fait qu’un terrain soumis à un pilonnage de ce type d’obus pourra être investi dans un temps très proche après la fin de l’émission des gaz. 

B – Les persistants : 

Ils regroupent les lacrymogènes (à forte dose) et l’ypérite. Ils sont utilisés pour interdire un secteur, une route… Autant pour l’ennemi que pour l’assaillant. Un terrain ypérité reste impraticable durant 15 jours. 

CONDITIONS D’EMPLOI : 

Il faut tenir compte de la configuration du terrain et des conditions atmosphériques. Un temps clair favorisera l’évaporation alors qu’un temps pluvieux retiendra les gaz au sol ; de même qu’un terrain accidenté ou boisé permettra l'accumulation des gaz.

1 – Fabrication et mise au point : 

C’est une opération longue et délicate ; il faut des structures adaptées ainsi que des matières premières spécifiques.  

Durant la première guerre mondiale, la France a fabriqué : 

-          15 800 tonnes de phosgène,

-          12 500 tonnes de chlore,

-            4 160 tonnes d’acide cyanidrique,

-            1 968 tonnes d’ypérite. 

Les gaz devant être plus lourds que l’air, les chercheurs doivent en alourdir certains, et en alléger d’autres. 

De plus, pour être opérationnels, le dosage doit être parfaitement contrôlé par rapport au résultat escompté. 

 2 – Comparaison des projectiles et des gaz : 

Les résultats sont identiques mais quelques différences, malgré tout, peuvent être observées. 

Dans un premier temps, nous pouvons dire que l’emploi des gaz est la conséquence de la guerre de tranchées, où les hommes ont tendance à s’enterrer pour se protéger de l’artillerie classique. 

Le moyen idéal pour atteindre le fond des cagnas, des creutes, des tunnels se révéle être l’emploi des gaz qui de par leur texture peuvent s’infiltrer dans les moindres recoins. 

3 – Historique : 

Les premières attaques par obus à gaz ont eu lieu en mars 1915 par obus lacrymogènes, à Verdun et à Ypres par les allemands. 

Le 22 avril 1915, ils utilisent, sous forme de vagues, le chlore dans le secteur d’Ypres. 

Le 20 juin 1915, attaque de grande envergure par obus à gaz en Argonne (bois de la Gruerie). 

Ce n’est qu’à partir de février 1916 que nous sommes en mesure d’utiliser nos premiers obus chargés d’acide cyanidrique. 

Les différentes protections étant efficaces contre ces premiers gaz, le 10 juillet 1917, les allemands utilisent du sulfure d’éthyle dichloré à Ypres qui prendra le nom d’ypérite. Ce gaz passe inaperçu et cause de nombreuses morts. 

En mai 1918, nous pouvons de nouveau rivaliser avec les allemands, mais ces derniers utilisent un nouveau gaz : l’arsine ; aucun masque ne peut protéger de ce nouveau gaz. Il n’est pas mortel mais procure une grande gêne. 

 4 – Moyens de diffusion : 

a)   Vagues ou nappes de gaz :

C’est un nuage compact. Pour le former, on utilise des bouteilles de gaz de trois types différents : 70, 50 ou 30 kilos.

Une émission de 1000 à 1500 bouteilles provoque une vague large de 1 kilomètre. Les gaz employés sont le chlore et le phosgène, qui de par leur densité tapissent idéalement le sol.

La mise en place du système est longue, laborieuse et soumise à certaines contraintes notamment le port de l’appareil « Tissot » par les compagnies « Z » chargées de l’installation.

L’emploi reste tout de même tributaire des conditions atmosphériques.

b)  Les obus spéciaux :

Les gaz ont été utilisés dans de nombreux projectiles tels que grenades, bombes, obus.

Pour les reconnaître, les obus spéciaux possèdent un marquage particulier. En France, une ou deux couronnes blanches pour les fugaces, jaunes pour les persistants. En Allemagne, une croix verte pour les lacrymogènes et les suffocants, une croix jaune pour les vésicants, et une croix bleue pour les sternutatoires.

Les obus à gaz ont une faible quantité d’explosif servant simplement à ouvrir l’obus.

L’emploi nécessite de respecter les conditions atmosphériques, le vent doit avoir une vitesse inférieure à 3 mètres par seconde. Le tir doit être précis et quantitatif, pour obtenir une densité acceptable.

Par exemple, pour l’ypérite on compte : 
un obus de 75 pour 20 m2,
un obus de 105 pour 50 m2, 
un obus de 120 pour 220 m2,

pour le lacrymogène :
un obus de 75 pour 5 m2, 
un obus de 105 pour 12 m2, 
un obus de 120 pour 100 m2. 

Il ne faut pas tirer des engins explosifs en même temps que les obus à gaz, car le souffle produit dissiperait le nuage toxique. 

5 – Protections contre les gaz : 

Dès l’apparition des gaz, le premier réflexe est de se protéger les voies respiratoires ; ainsi on utilise la compresse qui, imbibée d’hyposulfite de soude, enraye les émanations de chlore. 

Pour le lacrymogène, on ajoute une paire de lunettes étanches.   

Masque TN

Très vite, on améliore le système par la fabrication d’une cagoule avec une fenêtre en mica permettant une vision plus large, mais il persiste une grande gêne provoquée par l’accumulation des gaz carboniques rejetés dans la cagoule. De plus, il est nécessaire d’employer un produit anti-buée. 

A partir de septembre 1915, le masque M2 fait son apparition. C’est un compromis entre la compresse et la cagoule. 

Masque M2 premier modèle

Masque M2 second modèle

 Un autre appareil fabriqué début 1916, « Tissot », du nom de son inventeur, est exclusivement réservé, vu son encombrement, à des postes fixes. 

Avec le développement des procédés chimiques, on s’efforce de trouver de nouveaux concepts, c’est ainsi qu’en février 1918, les études aboutissent à la création de l’A.R.S. (appareil de respiration simplifié), masque imperméable en tissu traité comportant une cartouche filtrante (sauf arsine) et deux oculaires. 

Fabrications de guerre : 
30 millions de M2, 5 millions d’A.R.S., 700 000 « Tissot ». 

En Allemagne, les premières protections consistent en une compresse incluse dans un « groin » métallique. 

Bien avant les Français, ils inventent un masque à gaz dont l’aspect général rappelle celui de l’A.R.S. mais qui reste moins performant. 

6 – Remèdes contre les gaz : 

a)   les suffocants : évacuer l’intoxiqué à l’air pur, ne pas le faire marcher et le réchauffer. 

b)   les lacrymogènes : laver les yeux avec une solution de bicarbonate de soude. 

c)   l’ypérite : évacuer au plus tôt sur un poste de secours, sécher les parties contaminées avec du chlorure de chaux et laver abondamment au bicarbonate de soude.

 

 

 

emière guerre mondiale, 14/18, 1914/1918, Verdun, Chemin des Dames, Bataille de la Marne, Somme, Alsace, Reims, Champagne, poilus,