LA PREMIERE GUERRE MONDIALE


UN PEU D'HISTOIRE :

Cette page, afin d'alléger le site, sera régulièrement modifiée afin de vous proposer de nouveaux thèmes. Par exemple : "Vers la guerre", "Les batailles de la Marne", "Verdun", "Le chemin des Dames"...   
 

LA BATAILLE DE FLEURY  - 11 Juillet 1916 

Cette bataille défensive, afin d’empêcher les Allemands de prendre pied à Verdun, est en fait la troisième du genre. En face de nous se trouve une troupe d’élite : « le Corps Alpin Bavarois » (Alpen Korps » déjà rôdé aux durs combats pour faite tomber Verdun, charnière capitale du front occidental. 

D’un côté, les Allemands ont besoin de cette victoire qui marquerait leur supériorité, de l’autre, la défaite n’est pas envisageable pour le soldat français. Malgré la volonté du Kronprinz d’anéantir l’armée française à Verdun, les troupes du général Mangin savent faire face  à la vague allemande sauvant ainsi le fort de Souville, clé de l’accès à la Citadelle de Verdun. 

Le G.Q.G. allemand décide que Verdun sera le tombeau de l’armée française. Le 21 février 1916, ce sont 8 divisions allemandes qui se heurtent à 2 divisions françaises tenant un front de 16 km entre Meuse et Orne. Rapidement, Joffre expédie des renforts sur Verdun. Les Allemands ne vont progresser que de 7 km en 6 jours. Le général Pétain organise avec brio la défense de la place. Face à la ténacité française, le Kronprinz adopte une nouvelle tactique consistant à un martèlement  continu de l’artillerie accompagné de puissantes attaques sur des points précis pour terminer par une attaque d’ensemble. 

En juin, la ligne allemande se rapproche dangereusement du noyau central formé par Verdun. Le fort de Vaux tombe le 6 juin, seul subsiste Souville, ultime rempart. Le 22 juin, l’Etat-Major allemand décide de porter un grand coup. Sous un déluge d’obus de tout calibre et asphyxiants, les troupes allemandes s’emparent de l’ouvrage de Thiaumont et du village de Fleury, mais ne peuvent atteindre Souville. 

Le 24 juin, les Français aidés par les Anglais déclenchent la contre-attaque. La préparation d’artillerie dure 7 jours. Le 1er juillet, l’assaut est donné par 40 divisions sur un front de près de 40 km. Les Allemands perdent 12 000 hommes, mais ils tiennent, et le 11 juillet, le Kronprinz renouvelle l’attaque sur Froideterre, Fleury et Damloup. 

L’épopée de la 128ème D.I. 

La 128ème D.I. se compose de la 255ème brigade comprenant le 167ème et le 168ème R.I., ainsi que de la 256ème brigade avec le 169ème et le 100ème R.I.. Elle est appuyée par AD 128 constitué de 3 groupes de 75 (2 du 54ème RAC et 1 du 21 RAC) plus une batterie de 58. L’ordre n° 256 du général Nivelle prescrit le positionnement du Q.G. à Chaumont- sur-Aire. 

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, le 168ème R.I. effectue la relève des éléments de la 261ème brigade entre le Ravin des Vignes et Fleury. L’artillerie prend position à Senancourt, sans sa batterie de 58 expédiée dans la Somme. Jusqu’au 6 juillet, les relèves sur les différents points se font sans problème. Ce même jour, le colonel Coquelin de Lisle, commandant de la 128ème D.I. établit son P.C. au corps de garde de la Poudrière, situé à 20 km de la Poudrière. 

Le P.C. se trouve à seulement 150 mètres des premières lignes. Cette journée est aussi consacrée aux travaux pour aménager les positions. Ils se font dans la boue et sous la pluie, dans des conditions déplorables. A partir du 7, les Allemands intensifient leurs bombardements. Dans les tranchées, les hommes pataugent dans l’eau et la boue, au milieu des détritus et des cadavres ; beaucoup souffrent des « pieds de tranchées » (enflure des pieds avec crevasses). Malgré cela, les « poilus » progressent à la grenade dans les ruines de Fleury. L’état sanitaire des hommes est épouvantable, les effectifs diminuent d’heure en heure. 

Etant donnée l’importance de Fleury, ce sont une quinzaine de compagnies qui, allant du Ravin des Vignes jusqu’à Fleury, vont participer aux combats qui parfois se dérouleront dans des positions éloignées de seulement 40 mètres. Le village de Fleury étant l’objectif des Français, plusieurs attaques ont été menées. Le 10 au matin, les Allemands inquiets des tentatives françaises sur Fleury, augmentent leurs tirs d’artillerie sur ce secteur. Ce même jour, des plans d’attaque prévue pour le lendemain à 4 h 45, tombent entre nos mains. De fait, une relève est envoyée sur Fleury. Son parcours passe par le Ravin de la Poudrière qui est, dès 23 heures pilonné par des obus à gaz, obligeant les hommes à avancer avec la masque, ce qui ne facilite pas le déplacement. La relève met 4 heures pour faire les 1 200 mètres qui la séparent de la 7ème compagnie dont il ne reste que 47 hommes. A l’ouest de Fleury, le sous-secteur baptisé « Fleury plaine » est tenu par 2 bataillons du 167ème R.I.. Les tranchées sont réduites à de simples trous d’obus plus ou moins reliés entre eux et remplis d’eau. Aucune défense accessoire devant nos lignes. Le sol est jonché de cadavres en décomposition ; les rats pullulent, une odeur pestilentielle s’étale sur le secteur.  

Notre front n’est pas continu : certains trous subsistent qu’il faut combler de suite. Durant toute la journée du 11, le duel d’artillerie se poursuit. Les Allemands emploient même du  420 contre la Poudrière. Vers 16 heures, avec plusieurs tentatives allemandes, c’est le combat à la grenade qui commence, laissant de nombreux cadavres qui tapissent le sol. Puis viennent les schrapnells, la fusillade et de nouveau les tirs d’artillerie. Le paysage est lunaire. 

Les plans du Kronprinz 

La bataille de la Somme ayant débutée, le G.Q.G. allemand est tenté de déclencher une puissante offensive sur Verdun, à grands renforts d’artillerie et d’obus à gaz. L’armée française a besoin d’hommes sur la Somme, mais les Allemands aussi. Malgré cela, l’attaque est programmée pour le 4 juillet, puis repoussée deux fois pour des raisons climatiques, pour finalement être déclenchée le 11 juillet.  

L’offensive allemande s’étend sur un front de 5 km entre Fleury et la batterie de Damloup à l’est. 40 000 hommes vont participer à l’assaut, soit 13 régiments du glorieux Alpen Korps. L’attaque principale se déroulera entre Fleury et le Bois Fumin ; le but final de l’attaque étant le fort de Souville. 

Le 10 juillet à midi, 66 batteries, soit 260 pièces ouvrent le feu sur les défenses françaises. 18 000 coups sont prévus pour l’artillerie lourde. Certains objectifs (La Poudrière, le fort…) sont soumis aux tirs des mortiers lourds (420). A 23 heures, la préparation est complétée par le tir des obus à gaz (63 000 obus de surpalite ou de diphosgène sont employés). Du 10 à midi au 11 à 8 heures, plus de 500 000 obus vont traverser le ciel de Fleury et de ses environs (soit près de 7 obus à la minute !). 

La mise en place des différents régiments va se faire avec de lourdes pertes provoquées par notre artillerie et par l’artillerie allemande, dont les tirs sont trop courts. Plusieurs attaques de division vont être engagées par les Allemands (à droite de Froideterre et à gauche de Tavannes). L’attaque principale est soutenue par le tir de 180 canons qui envoient 73 000 obus à croix verte (asphyxiants). Le bombardement est si dense qu’à l’aube, la visibilité est réduite par la fumée et les gaz. 

Le rôle de nos ballons d’observation est prépondérant, particulièrement pour le pilonnage de l’infanterie allemande regroupée dans le Ravin du Bazil. 

Dans le village de Fleury, qui n’est plus qu’un amas de pierres, la résistance française est héroïque. 

Au sud-ouest de Fleury, les Allemands parviennent à 50 m des trous occupés par les Français. Les Stosstroupen (troupes d’assaut) sont équipées de lance-flammes, de mitrailleuses ; mais notre artillerie fait merveille et décime les rangs allemands. 

Entre la Poudrière et la station de Fleury, « la Garde »  va attaquer à 6 h 42. Elle possède des lance-flammes et des grenadiers expérimentés. L’attaque est extrêmement rapide : nos premières lignes périssent dans les flammes. On manque de grenades, on se bat à la baïonnette, au corps à corps. 

Avec la violence des combats et des tirs d’artillerie, le village de Fleury va être à jamais rayé des cartes et fera partie des neufs villages disparus.

 

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